Au début, je me disais que ce serait facile. Mon côté agoraphobe riait de ces gens en panique devant le simple fait de ne pas sortir. Rester à la maison? L’histoire de ma vie.

Et puis j’ai pensé à ces personnes qui, justement, vivent dans nos rues, dans notre honte, se cachant de nos yeux suite à une loi débile et dénigrante. J’ai pensé à ces personnes qui ne peuvent pas rester à la maison parce qu’elles n’en ont pas.

Et puis j’ai pensé à ces femmes pour qui la maison est synonyme d’enfer. Ces femmes enfermées avec un bourreau du quotidien qui ne demande rien de mieux pour soulager ses nerfs.

Et puis j’ai pensé à tous les malades. Ces gens qui voudraient peut-être bien rester à la maison, mais qui doivent plutôt dormir aux soins intensifs, sans droit de visite ou de parole.

Ce matin, je suis allée faire les courses parce qu’il faut bien. J’avoue que j’ai craqué. J’ai voulu voir mon lac, mon Léman, mon amour. J’ai traversé la route, je suis descendue la ruelle et je me suis retrouvée devant une barricade. Même mon lac, on l’a enfermé. Alors j’ai pleuré.

J’ai pleuré mes angoisses et mes peurs, ce sentiment d’impuissance et d’inutilité.

J’ai dit un jour que je voulais être flic. Certains ont ri, d’autres ont été si surprises. Bien trop sensible, Sandy, on te voit tout sauf flic. Vous aviez peut-être raison. Je ne sais pas si j’y arriverai. J’avoue mes pleurs et mes peurs. J’avoue aussi mon besoin d’aider.

Amour, courage, désinfectant et distance sociale.

Prenez soin de vous.

Semi-confinée