J’ai un nez fragile et sensible qui se met à saigner quand le temps est chaud et sec. Cela fait donc plusieurs jours que j’attends la pluie avec impatience. Ouvrir les fenêtres en écoutant le clapotis des gouttes toutes proches…

Aujourd’hui, il fait moche et lourd, mais il ne pleut toujours pas. Je profite d’aller à la poste acheter des enveloppes, à la pharmacie acheter des masques, au supermarché acheter des bananes.

Lorsque je sors du centre commercial, quel bonheur: il pleut à grosses gouttes gourmandes qui s’esclaffent sur le bitume! Ah un peu de fraîcheur, comme ça fait du bien. Je sors mon parapluie et m’apprête à prendre le chemin du retour. Près de moi, deux personnes se demandent si elles devraient ou non attendre une accalmie. L’une d’elles se plaint: «Non, j’ai peur!» Pire que moi (ah ah!), elle a peur de la pluie alors qu’il n’y a même pas d’éclairs, de tonnerre, de foudre impitoyable. Oui enfin, c’est vrai qu’elle doit avoir environ 4 ans…

Je laisse la petite famille derrière moi et je marche en glissant dans mes sandales. C’est vraiment inconfortable et dangereux. Je finis par les enlever à mi-chemin. Je marche alors avec mon sac à main en bandoulière, mon sac à courses sur l’épaule, mon parapluie dans une main et mes sandales dans l’autre. Un vrai personnage de BD humoristique, je vous jure… D’ailleurs, je croise bientôt une jeune femme trempée avec, dans la main, ses sandales. Je la regarde, elle me regarde, elle rit, je ris. C’est fou comme la pluie rassemble!

Enfin, j’arrive chez moi. Je me précipite en faisant gaffe de ne pas m’étaler dans le couloir en glissant. Je monte les escaliers. Je déverrouille, je pose mes affaires. J’ouvre les fenêtres et… il ne pleut plus.

J'ai pris l'eau