Bon. Vous le savez à présent: j’ai adopté un chat. Il est roux, il est jeune, il est beau. Il s’appelle Micado. Il trouve son confort dans les cachettes poussiéreuses et inconfortables. Depuis quelques heures, j’apprends à le connaître et j’apprends surtout que je ne sais rien.

Si je me suis ruée aux toilettes dès notre arrivée à la maison pour m’y soulager comme après chaque retour de périple, Micado s’y est rué pour se cacher sous la cuvette. Je l’en ai délogé à force de négociations et de croquettes.

Si je cherche le confort moelleux d’un oreiller pour dormir, Micado y trouve le parfait compagnon de jeu. Il a boxé et griffé son coussin jusqu’à n’en plus pouvoir, puis s’est allongé sous le canapé pour la nuit.

On m’avait prédit des poils roux partout, mais c’est surtout la poussière que Micado va chasser dans ses cachettes, qui jonche mon carrelage.

On m’avait prédit qu’il viendrait me sortir du lit en quémandant sa pitance, mais c’est moi qui l’ai tiré hors de sous le canapé pour lui servir son petit-déjeuner.

Parce qu’on ne sait rien avant de l’avoir devant soi.

Micado est timide, néanmoins curieux. Il observe tout de ses grands yeux, mais en restant caché et poussiéreux.

Micado est un peu joueur, affectueux. Il cherche à éradiquer mon addiction au téléphone en lui mettant des coups de boule.

Il a avalé son petit-déjeuner avec appétit. Et il est retourné sous le canapé. Bon. 8h pour un samedi, c’est vrai que c’est trop tôt. Je vais faire comme lui et aller me remettre au lit.

Chat © Sandrine Spycher

© Sandrine Spycher