Je vois, depuis quelques jours, la majorité de mes contacts se révolter contre la fermeture des librairies puis l’interdiction faite aux grandes enseignes de vendre des livres pendant le semi-confinement de cet automne en France.

Rappelez-vous: c’est exactement ce qui s’est passé ce printemps en Suisse. Les libraires suisses avaient également élevé la voix pour dire l’injustice de se faire siffler leur business par Coop ou Migros. Ensuite, quand le choix a été fait d’effacer la culture en interdisant à Coop ou Migros de vendre des livres, le problème a semblé réglé. Les voix ont été forcées de se taire.

Parce que c’est toujours comme ça que ça finit. On crie, on se débat, on veut faire vivre la culture! Mais non, comme Wawrinka face à Nadal en finale de Roland, on se rend compte que «ça sert à rien». Et puis vient un autre combat, pas plus important mais un peu plus urgent. À choix: l’urgence climatique, l’injustice sociale, le racisme, les féminicides… Mais là, encore, on s’époumonne en vain.

Alors on l’écrit dans des romans, comme Celle qui pleurait sous l’eau, comme La Lame, comme Impact, comme Entre deux mondes ou encore Le cri du lièvre. On l’écrit en espérant ouvrir les consciences, changer le monde.

Parce qu’on est petits et que, contre les grands, on ne sait plus si on doit rire ou pleurer.

Parce qu’on est jugés non essentiels par des gens qui n’ont tout simplement pas le talent et les capacités de faire ce qu’on fait. C’est facile d’écrire? Tout le monde peut prendre un crayon et le faire? Non. Essayez et on reparlera après…

Aujourd’hui, je suis fâchée. Je suis triste et déçue. Je lis un polar excellent d’un auteur français, qui me parle de violence et d’injustice. Je regarde mon chat qui vient me demander ses croquettes d’un miaulement timide. Et je me dis qu’il est là, l’essentiel.

Coup de gueule