Ce matin, je nourris mon chat. Je descends pour sortir la poubelle. Quand je reviens dans mon appartement, le chat est à la salle de bain. Étrange, mais enfin bon, si ça lui plaît de mettre là…

Quelques minutes plus tard, alors que je prépare mon petit-déjeuner, j’entends le bruit d’un objet qui tombe sur le carrelage. Je vais voir à la salle de bain. Dès que j’ouvre la porte, mon chat me regarde d’un air désolé. Il pousse deux petits miaous en se faufilant entre mes jambes. Je range le conteneur en plastique qu’il a fait tomber du meuble en espérant qu’il ne l’a pas pris en pleine figure. Je ressors. Il est assis contre le mur et refait ses deux petits miaous timides. À ce moment-là, je les interprète comme «scusa, pas fait exprès…». Je rassure mon petit chat: c’est pas grave, il n’y a rien de cassé.

Je vais finir mon petit-déjeuner. Puis, j’allume mon ordinateur et m’installe pour commencer ma journée de télétravail. Là, petit chat saute sur le bureau, renifle le clavier, essaie de boire dans mon verre («Non, Micado…»). Et puis, il se tourne vers moi. Il est à ma hauteur, si proche que je dois presque loucher pour le regarder. Je tente une petite caresse sur sa tête. Il se glisse alors sous ma main, sous mon bras, contre mon épaule.

À midi, je vais cuisiner en laissant mon chat encore à sa sieste sur son coussin. Mais il me suit. Il grimpe sur le comptoir, je le pose par terre. Il regrimpe sur le comptoir, je le repose par terre. Il va s’asseoir plus loin et me regarde couper mon filet de saumon en petits morceaux. Je me concentre sur ma tâche, le faisant patienter. Quelques minutes passent. Mon chat s’approche de moi avec, encore une fois, un petit miaou tout mignon. «Anch’io ho fame, non dimenticarmi», me dit-il je suppose. Je lui donne ses croquettes qu’il avale avant de retourner tranquillement à sa sieste, cette fois sur le canapé.

Ce soir, finie ma journée de travail, j’ai envie de lire un ou deux chapitres. Je m’installe à côté de mon chat. Il lève la tête, me regarde, ajuste sa position pour s’appuyer sur mes jambes en tailleur. Je sens sa chaleur sur mes mollets. Je regarde son petit corps se soulever au rythme de sa respiration. Ce n’est presque rien, mais ce sont justement ces petites choses qui changent la vie.

Micado.
Le début de notre cohabitation a été compliqué, j’en ai encore des marques de griffures en travers de mon tatouage sur l’avant-bras. Je crois que ça va un peu mieux maintenant. J’espère que tu es heureux avec moi, que je suis à la hauteur de tes attentes.

Ces petites choses qui changent la vie

© Sandrine Spycher