Ce matin, comme tous les matins, je me lève à 6h30 pour aller nourrir le chat. Aujourd’hui, j’essaie un nouveau petit ragoût au cabillaud, je crois qu’il aime bien le poisson. Il miaule, il fait vibrer sa queue bien droite, il se faufile entre mes jambes, je manque m’étaler sur le carrelage… Mon chat semble content alors, puisque je ne travaille pas en ce jour, je me redirige vers Morphée qui m’attend à bras ouverts. Je ferme la porte de la chambre, m’allonge sous la couette, loin d’imaginer que cette journée se fera entre ruines et reconstruction.

Ruines

Soudain, je sens un fantôme s’appuyer sur le bord du lit ! Je sursaute d’effroi et m’empresse d’allumer la lumière. Et là, je vois mon chat qui me regarde l’air de dire : « Bon alors, tu m’ouvres la porte ? » Mettant de côté la frayeur qui fait encore battre mon cœur à me casser les côtes, j’ouvre en grondant gentiment ce petit voyou roux qui s’était faufilé dans la chambre sans que je le voie. À présent, il est réellement dans le salon, je referme et ne tarde pas à m’endormir. Soudain, j’entends un fantôme au loin s’effondrer dans un grand fracas et un petit miaulement ! Eh non, cette fois, je reste dans mon lit. Mais j’espère quand même que mon petit voyou n’a pas fait trop de dégâts.

Ce n’est que vers 10h que je remarque les ruines d’un grand pot décoratif en terre cuite éparpillées sur le carrelage. Le chat fait tranquillement la sieste sur ma chaise de bureau. Je l’aimais beaucoup ce pot, il me venait du Portugal, d’un bled où a habité ma grand-mère. Je n’arrive même pas à me facher contre le chat, mais je l’enferme dans ma chambre (volontairement, cette fois). Plus pour pouvoir faire le ménage tranquille que pour vraiment le punir. Je plains la voisine du dessous pour qui le réveil a dû être fracassant…

Reconstruction

Une fois tout nettoyé et le chat libéré, une nouvelle tâche d’ampleur m’attend: construire une tour sur les ruines du pot! En fait, non, un peu à côté, sur la gauche. La première difficulté consiste à acheminer le colis de 18 kg et presque plus grand que moi (je ne suis pas très grande) sur deux volées d’escaliers. La deuxième difficulté consiste à construire ce truc (en général, j’appelle papa à l’aide pour ce genre de tâches). Je me prépare mentalement, déballe les vis, empoigne le manuel d’instruction… Le chat tourne autour de mes mollets à nouveau, il a compris qu’un phénomène va se produire.

Finalement, ce n’était pas si compliqué. Il m’aura fallu une heure et mon chat est tout content d’explorer sa nouvelle tour et de s’asseoir au sommet pour espionner les voisins par la fenêtre.

Mon chat, je l’ai appelé Micado, comme ce jeu de société fait de baguettes qu’on lâche en laissant s’éparpiller pour ensuite les ramasser une à une sans faire bouger la construction, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus une seule. Dans la même veine que le jeu Jenga, parfois tout s’écroule et d’autres fois on gagne en choisissant le bon batonnet, le plus précieux. Un petit roux, par exemple.

Ruines et reconstruction