La joie d’un dimanche d’écriture, seule avec mon chat, au soleil resplendissant de cette fin février anormale. Dans ce salon orienté plein sud, sur mon canapé plein de marques de griffes, bercée par les ronronnements de mon petit compagnon endormi contre ma jambe. Un environnement doux et apaisant. Une inspiration peut-être.

Écrire alors, écrire. Sans réfléchir, laisser courir les doigts sur le clavier, laisser couler les mots sans y penser, voir se former les lettres dans une typographie simple et sans serif. Le temps passe tout doucement. Je n’ai nulle part où être, personne à qui rendre de comptes. Je n’ai que ce moment divin et la quiétude qu’il dégage.

Le début de la soirée commence à manger la fin de l’après-midi, inondant mes rideaux d’une chatoyante lueur orangée. Le chat est descendu du canapé, il est allé grignoter quelques croquettes avant de se poster à la fenêtre. Regarde-t-il la rue ? Les voisins derrière leurs volets ? Ou profite-t-il simplement de ce décor de rêve, soleil couchant sur Léman, qui s’offre à mon salon ?

Mais la lumière décline déjà et mes murs blancs virent au rouge. Bientôt, il fera noir. Et à ce moment-là viendront les pensées sombres, celles qui prévoient déjà demain, déjà la semaine prochaine, déjà plus tard. Celles qui empêchent la vie de s’évacuer aussi doucement que le coucher du soleil sur le Léman, vu depuis mon canapé, avec, contre ma jambe, les ronronnements de mon amour.

Voilà. C’est passé. Les murs redeviennent gris et mornes, le ciel se teinte d’indigo, le chat réclame son ragoût de poisson. Demain ronge déjà un peu aujourd’hui et ce dimanche d’écriture…

Dimanche d'écriture avec vue sur le Léman

© Sandrine Spycher